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éd. 1797

DIDEROT (Denis)

La Religieuse.

Paris, Chez Buisson, an V (1797); in-8, plein maroquin rouge de l'époque, dos lisse orné de grands fers spéciaux dorés (urnes, soleil, gerbe et éventail), roulettes d'encadrement sur les plats, roulettes sur les coupes et les bordures intérieures, gardes de moire de soie bleu ciel, tranches dorées.

Tchemerzine-Scheler II, 969. Édition originale. Très précieux exemplaire, l'un des trois seuls connus en maroquin du temps, orné d'un décor particulier "à l'éventail". Il s'agit de l'exemplaire ayant appartenu à Jacques Guérin, dont l'importante et prestigieuse bibliothèque fut dispersée à Drouot en six ventes (ici celle du 7 juin 1990, sous le n° 18). Jacques Guérin possédait trois livres de Diderot publiés dans les mêmes années par François Buisson : La Religieuse, Jacques le Fataliste et Essai sur la peinture, tous reliés de manière identique, en maroquin avec fers spéciaux sur les dos. Il est vraisemblable que ces reliures aient été commandées par l'éditeur afin de proposer des exemplaires "de luxe" de ses éditions ou pour les offrir à quelque grand personnage de l'époque. Malheureusement, aucun ne présente de marque de possession contemporaine. Les deux autres exemplaires connus sont ceux du collectionneur genevois Jean A. Bonna, et celui de la bibliothèque de Pierre Bergé, dispersée en décembre 2015. L'exemplaire de Pierre Bergé était décrit comme étant celui provenant de la bibliothèque Hector de Backer ; il est intéressant de noter que notre exemplaire comporte cette inscription manuscrite au crayon de papier, depuis 1990 au moins : "Exemplaire De Backer, Première partie, 2ème vente, n° 1211". Écrite en 1760, La Religieuse fut publiée en 1797 dans un climat d’anticléricalisme. Diderot s’insurge contre l’aliénation des couvents et le scandale à la fois social et religieux qu’ils représentent à ses yeux. Il analyse de façon presque clinique le comportement des femmes cloîtrées, et les désirs « coupables » qui en découlent menant pour la plupart au vice. La Religieuse fut saisie dès sa parution et le parfum de souffre qui l’accompagnait suivit ce livre jusqu’au XIXe siècle. "Cette satire, pleine de mouvement, des mœurs dans un couvent de femmes au XVIIIe siècle est une chaleureuse apologie de la liberté individuelle […] Cet ouvrage était la contrepartie, disait Diderot, de "Jacques le Fataliste", et il l'estimait de ses meilleurs. Il y mit toute sa conviction" (Laffont-Bompiani, Dictionnaire des œuvres). Superbe. PRIX SUR DEMANDE.

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