2000 €
éd. 1640
[POUSSIN]

BARBERINO (Francesco)

Documenti d'Amore.

Roma, Nella Stamperia di Vitale Mascardi, 1640; in-4, 24 ff.n.ch. + 376 pp. + 70 ff.n.ch., demi-vélin ivoire à coins ancien, dos lisse, pièce de titre en basane brune (gardes renouvellées, reliure postérieure).

Cicognara, 1985. David Freedberg, Nicolas Poussin (1594-1665), exposition au Grand Palais 1995, pp. 65-67. Ad. van Bever & Ed. Sansot-Orland, Œuvres Galantes des Conteurs Italiens (XIVe, XVe & XVIe siècles), Mercure de France, 1905. Édition originale rare de ce livre très élégant, illustré de 16 planches gravées à pleine page hors-texte, dont un titre gravé et le portrait de l'auteur. Le titre et les planches (sauf 2 d'entre eux) sont dus à divers dessinateurs et graveurs : Camas, Bloemaert, Magalotti, Greuter, Fabio della Cormia, Massimi. Dans ces illustrations apparaît l'influence de Nicolas Poussin. Après W. Vitzhum dans Arts de France (II. pp. 263-264), David Freedberg étudie la contribution de Poussin aux Documenti d'Amore : "Il s'agit de la très belle édition illustrée, de Federico Ubaldini, des poèmes d'une des plus grandes figures littéraires de l'ascendance d'Urbain VIII, Francesco da Barberino (1264-1348), originaire de la petite ville de Barberino Val d'Elsa dans la province de Sienne. Le fait que la plupart des illustrations (gravées par G.F. Greuter et Cornelis Bloemaert) étaient tirées des dessins d'un groupe de jeunes aristocrates romains a été mentionné par Baglione (1642) et n'a pas manqué d'attirer l'attention des chercheurs ; mais l'on n'a pas souligné comme il le mérite le rôle de Poussin dans l'élaboration de cette charmante oeuvre collective. Nicolo Pucci, Alessandro Magalotti, Malatesta Albani et Francesco Crescenzi contribuèrent chacun par une illustration ainsi que le précisait Baglione et comme le prouvent les gravures elles-mêmes ; mais l'on n'attribuait pas moins de trois dessins au jeune Camillo Massimi, qui n'avait pas encore vingt ans. Or, tout n'est pas aussi simple, puisqu'il n'est pas prouvé que Massimi soit vraiment l'auteur de ces dessins. C'est Poussin lui-même qui fournit le motif central dans l'illustration du Triomphe de l'amour divin (p. 357), et j'ai la conviction que le personnage et toute la composition de Industria (p. 91) doivent être également attribués à Poussin. Ces dessins ont le grand mérite de nous montrer Poussin dans un rôle inédit, où, renonçant à transmettre des thèmes et des motifs classiques, il se plie à l'adaptation de ceux de la fin du Moyen-Âge, transformant ainsi les enluminures qui ornaient les manuscrits Barberini des Documenti d'amore au début du XIVe siècle selon l'idiome de son grand classicisme. Ant. Blunt et W. Vitzthum ont bien remarqué que l'on retrouve le dessin de Poussin d'un amour ailé debout sur un cheval orné d'une guirlande et portant son carquois non seulement dans la première planche de l'ouvrage (dûe à Andrea Camassei) mais aussi en bas de la gravure du Triomphe de l'amour divin inscrite "C. Massimi fece / G.F.Greuter int." (p. 357) dominant un groupe de jeunes filles frappées de flèches, mais sa contribution à Industria est indéniable". "On ne sait au juste à quel moment de sa vie Francisco de Barberino composa ses Documenti d'amore, qui ne verront le jour qu'en 1640 et qui ne sont pas sans exciter quelque surprise, chez le lecteur du vingtième siècle, alors même qu'il ne laisse point de tenir compte du milieu dans lequel un tel ouvrage fut composé. Tout d'abord le titre est assez équivoque pour qu'en l'ouvrant on s'attende à autre chose qu'au traité de morale qu'il renferme. Sachant les coutumes et les tendances de l'époque, l'influence universelle de cette cour de Provence dont les amoureuses fêtes et les chevaleresques instituions avaient trouvé des imitateurs dans toutes les contrées de l’Europe, y compris la Toscane, sachant surtout que Francesco da Barberino était un fervent adepte de la poésie provençale, il paraît étrange que, sous un pareil titre, ne se succèdent point des évocations complaisantes de joutes, de tournois et de cuirs d'amour, où les gentils chevaliers mettent leur honneur aux pieds de leur dame. C'est d'un mauvais œil au contraire, nous dit Ubaldini, que maître Francesco voyait les abus amoureux où s'égaraient les gentilshommes de son pays, et c'est dans le but de les ramener dans une voie meilleure, en les trompant honnêtement par un titre menteur, -que notre bon notaire leur servit, sous couleur de Documents d’amour, des documents de vertu. L'ouvrage est en vers et il se divise en douze parties qui ont pour sujets : la Docilité, — l'Adresse ou la Dextérité, — la Constance, — la Discrétion, — la Patience, — l'Espérance, — la Prudence, — la Gloire, — la Justice, — l’Innocence, — la Renaissance, — et même l'Eternité. On voit par ces titres tous les sages enseignements et toutes les règles morales que Maître Francesco a pu accumuler dans ces Documenti" (Van Bever et Sansot-Orland). Bel exemplaire malgré une reliure postérieure mais ancienne, et de petites et habiles restaurations de papier, notamment aux marges de la planche de la page 357.

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