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éd. 1652

RAYMOND D'AVIGNON

David, le vray politique du ciel en la conduite du Juste ; dans son Pseaume CXVIII : beati immaculati in via qui ambulant un lege Domini, etc. Divisé en trois parties.

Lyon, Chez Pierre Rigaud, 1652; in-4, 12 ff.n.ch. + 765 pp. + 8 ff.n.ch., plein vélin souple de l'époque, dos lisse et muet (vélin froissé, petit manque de cuir au dos, traces du temps).

Édition originale et unique, divisée en trois parties : I. Le politique naissant, considéré dans ces heureux commencements, en la recherche du souverain Bien. - II. Le politique croissant, considéré dans les merveilleux progrès qu'il fait en l'acquisition des Vertus. - III. Le politique parfait, considéré dans la pratique des plus nobles Vertus, qui regardent l'utilité du public, & dans une plus étroite union de son Âme avec Dieu. "Le David, devenu fort rare, mérite l'attention ; l'auteur y fait parler David s'adressant à Dieu en une paraphrase de son psaume. Quelques digressions s'insèrent dans ce monologue, où l'on ne trouve aucune citation d'autres auteurs, mais des allusions — souvent anachroniques par rapport à David — à d'autres passages scripturaires. Dans son Épître aux Ecclésiastiques en tête de l'ouvrage, Raymond appelle ce dernier « ma théologie mystique » (pp. 10-11). — « Ce psaume contient les premiers éléments de la piété et un abrégé de la vie spirituelle suivant lequel je l'ai divisé en trois parties : le politique naissant, le politique croissant et le politique parfait ; ce qui a rapport avec les trois états de la vie spirituelle, qu'on appelle communément purgative, illuminative et unitive » (nous rétablissons l'orthographe actuelle). Quant au mot de « politique », il est à prendre en deux sens : c'est l'homme qui met de l'ordre dans sa vie en suivant la loi de Dieu, mais c'est aussi — dans le cas de David — le prince qui a pour tâche de faire appliquer par ses sujets la loi divine (p. 277). De plus, si le David est une théologie mystique, il est aussi un traité de théologie. Aussi la lecture de ce curieux livre réserve-t-elle des surprises : David y répond aux Calvinistes et aux Jansénistes par la plume de Raymond. Plume d'ailleurs bien taillée, facile à lire, mais acérée pour « ceux qui veulent introduire une voie nouvelle en matière de piété et méprisant les pratiques d'une dévotion austère, n'approuvent qu'une dévotion délicate et joyeuse » (p. 260). Ajoutons que Raymond est marqué par l'astronomie, l'astrologie et la chiromancie (influence de Peiresc ?) et que, bien qu'il se défende d'y attacher crédit, il ne néglige aucune occasion d'y consacrer des développements (cf. pp. 347 et 505)" (in Dictionnaire de spiritualité, tome 13, colonne 165, par Willibrord-Christian Van Dijk). L'auteur est né dans la famille Tonduti, qui devait tenir un certain rang, car Raymond laisse voir qu'il connaît bien les ressorts de la société et de la politique de son temps. Raymond fait profession chez les Capucins de la province de Saint-Louis le 13 avril 1620. Il est engagé dans les missions organisées après la paix d'Alès pour la conversion des Huguenots. On le trouve à Barjac ; Alès, Nîmes, Orange, Cavaillon où il remplit entre 1630 et 1655 les fonctions de gardien. Il avait été aussi lecteur de philosophie et de théologie à Arles de 1633 à 1641. En 1655 il est élu provincial d'Avignon et supérieur des missions des Capucins auprès des Huguenots, assiste au chapitre général à Rome en 1656, et sort du provincialat en 1658. Gardien d'Arles, d'Avignon, élu 3e définiteur provincial en 1665 et 1670, il meurt en Avignon le 25 janvier 1681. La page de titre comporte cet ex-dono manuscrit : "Pour les Capucins de Falaise, l'an 1656". Bon exemplaire malgré quelques traces d'usage et rousseurs.

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