850 €
éd. 1842

RICHER DE SENONES, CAYON (Jean)

Chronique de Richer, moine de Senones, traduction française du XVIe siècle, sur un texte beaucoup plus complet que tous ceux connus jusqu'ici ; publiée pour la première fois, avec des éclaircissements historiques, sur les Manuscrits des Tiercelins de Nancy et de la Bibliothèque publique de la même ville, par Jean Cayon.

Nancy, Librairie ancienne et moderne de Cayon-Liébault, 1842; in-4, 6 ff.n.ch. + VIII + 238 pp., cartonnage crème de l'éditeur à la Bradel, plat supérieur décoré (dos lisse légèrement gauchi et insolé, minimes traces d'usage).

Édition originale dont le tirage a été limité à 100 exemplaires, ici l'un des 70 numérotés sur carré vergé avec signature autographe de Jean Cayon à la justification. Ce dernier, dont l'avant-propos occupe les quatre premières pages, a fait imprimer cette Chronique à Saint-Nicolas-de-Port, par Prosper Trenel. "La Chronique de Richer, moine de Senones († c. 1267), est une source importante et pas seulement pour l’Histoire de l’abbaye de Senones de dom Calmet, qui lui a emprunté, parmi d’autres choses, l’anecdote du comte Henri III de Salm enterré vivant (…) On trouvera dans cette narration bien des éléments typiques du Moyen Âge : attente angoissée de l’Antéchrist, antijudaïsme exacerbé (avec description d’un meurtre rituel perpétré à Haguenau), fraîcheur et naïveté du récit (…). Richer déclare vouloir dresser « la liste et les actes de nos abbés de cette église de Senones ». Mais son propos dépasse largement la vallée du Rabodeau, puisqu’on trouve des récits relatifs à la prise de Jérusalem par Godefroy de Bouillon, à la croisade des enfants, aux rivalités entre Franciscains et Dominicains, à Hildegarde de Bingen. Richer décrit l’époque où le massif vosgien se couvre d’un blanc manteau d’abbayes, comme l’eût dit Raoul le Glabre. La limite administrative moderne qui coupe en deux le massif n’existant pas encore, il est souvent question de l’Alsace dans cette Chronique : saint Déodat se rend à Ebersmunster et Hunawihr, puis accomplit un miracle à Sigolsheim ; les agissements de Walther de Geroldseck, évêque de Strasbourg, sont longuement rapportés. Les habitants de Barr se réjouiront d’apprendre que leur cité était « peuplée d’honnêtes gens" (Gilles Banderier in Revue d'Alsace, 140, 2014). De la bibliothèque de H. d'Arbois de Buvainville, avec son ex-libris. Bel exemplaire, à toutes marges.

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