3200 €
éd. 1798

BOURBON-CONTI (Amélie Gabrielle Stéphanie-Louise de)

Mémoires historiques de Stéphanie-Louise de Bourbon-Conti, écrits par elle-même.

Paris, Chez l'Auteur, an VI (1798); 2 tomes en un volume in-8, 4 ff.n.ch. + 207 pp. + 358 pp. + 1 f.n.ch. d'errata, plein maroquin vert de l'époque, dos lisse à faux-nerfs très orné, plats décorés d'un large encadrement constitué de fleurons, de filets et de roulettes, roulette en pointillé sur les coupes, roulette intérieure, gardes de papier rose, tranches dorées. Les 3 volumes.

Très intéressante réunion de 2 ouvrages imprimés et d'un recueil de pièces manuscrites concernant Stéphanie-Louise de Bourbon-Conti. Celle que l'on a volontiers qualifiée "d'intrigante", "d'aventurière franc-comtoise", née à Paris en 1762, prétendait être la fille illégitime du prince Louis François de Bourbon-Conti (1717-1776) et de Louise Jeanne de Durfort (1735-1781), duchesse de Mazarin. Connue sous le nom de comtesse de Montcairzain (anagramme de Conti et Mazarin), elle passa une grande partie de sa vie à tenter de faire reconnaître l'origine de sa naissance. Considérée comme une Bourbon authentique par les uns, comme une affabulatrice par les autres, elle était douée de nombreux talents - Jean-Jacques Rousseau, entre autres, lui enseigna le dessin, les mathématiques, la musique, le grec, le latin et l’italien ; elle maitrisait le violon, la harpe, la flûte, la clarinette, le cor, le flageolet et le piano. Elle fut mariée de force, à l'âge de douze ans, à Antoine Billet, futur procureur de Lons-le-Saunier (Jura), en 1774, après que sa mère, de peur du scandale et pour préserver sa réputation, l'eut fait passer pour morte, en présentant un acte de décès monté de toute pièce au Prince de Conti, qui était désireux de la présenter publiquement. C'est pour faire valoir ses droits, et faire connaître sa vérité, qu'elle publia ses "Mémoires historiques" qui, dit-on, furent rédigés par J. Corentin-Royou. Nous présentons un exemplaire de choix de ces mémoires (1), un recueil de pièces manuscrites signées et annotées par elle (2), et une réfutation de ces Mémoires, intitulée "Histoire tragi-comique de la soi-disant princesse Stéphanie-Louise de Bourbon-Conti", publiée à Besançon en 1810 (3). 1. Édition originale des Mémoires, comportant la signature autographe de l'autrice sous l'avis imprimé en tête de volume ("Mon infortune n'ayant pas désarmé tous mes persécuteurs, il est pour de la plus haute importance, que cet écrit, dans lequel j'ai déposé l'histoire de ma vie, ne puisse être altéré. En conséquence, je déclare que tous les exemplaires qui ne seront pas signés de ma main, seront contrefaits (etc)"). Portrait de Stéphanie-Louise de Bourbon, en bistre, dessiné par Fouquet et gravé au physionotrace par Chrétien. Traces d'ex-libris retirés en pied des pages de titre, ex-libris de Henri Lavedan sur le premier contreplat. Quelques rousseurs éparses, sans gravité, mais très bel exemplaire, bien relié à l'époque. 2. Important recueil constitué de 144 feuillets (sur 147), entièrement manuscrits, rédigés sous la Restauration, entre 1814 et 1816 (in-4, demi-basane maroquinée verte de la seconde moitié du XIXe siècle, dos à nerfs). Ce sont des copies de lettres, certificats, déclarations, révélations, suppliques, pièces d'état civil, dont un certain nombre sont rédigés par la Princesse elle-même, les autres signées de sa main pour copie conforme. Ces documents jalonnent les tentatives de la Princesse de faire confirmer ses origines nobles par Louis XVIII, recensent les preuves matérielles apportées lors de ses multiples démarches. On trouve par exemple copie de l'extrait des registres de baptêmes, mariages et sépultures dans lequel apparaît l'acte de décès ordonné par la duchesse de Mazarin ; copies de courriers adressés au Roi ("(…) Et toujours pour cet honneur, que je veux conserver, on sait bien que j'aime mieux mourir du besoin qu'on me fait éprouver, plutôt que d'y manquer, en adoptant par ma signature ce nom falsifié que le préfet exige, etc" ; copie de lettres écrites par la nourrice - qui deviendra gouvernante puis institutrice - de la princesse, rédigées en 1770 et 1773 "Croyez-moi, profitez de ce que notre petite comtesse de Montcairzain fait toutes ses volontés. Elle sera princesse un jour peut-être, que bientôt on fera des fêtes pour elle, etc". 3. Histoire tragi-comique de la soi-disant princesse Stéphanie-Louise de Bourbon-Conti ; par un homme présenté à l'ancienne cour, ruiné pendant la Révolution, aujourd'hui presque enterré, presqu'entièrement oublié (par [Antoine-Joseph Barruel-Beauvert], Besançon, chez Taulin et Dessirier, janvier 1810, in-8, 264 pp. + 2 ff.n.ch., cartonnage bleu marbré de l'époque, dos lisse, pièce de titre havane, étiquette de cote bleue). Édition originale rare, car supprimée par la police impériale, rédigée anonymement par Antoine-Joseph de Barruel-Beauvert, cousin de Rivarol, journaliste royaliste, dont Charles Nodier, cruel, a dit que "personne n'avait plus perdu que lui à l'invention de l'imprimerie", attendu qu'il était impossible de causer mieux et d'écrire plus mal. Il n'existe pas, à ce jour, d'étude historique sérieuse sur la vie et l'œuvre de ce personnage hors du commun, qui mériterait pourtant d'être approfondies. Toutes les sources examinées présentent des erreurs, des lacunes et des contradictions. Nul doute que l'ensemble que nous présentons, et en particulier l'examen attentif des documents manuscrits, permettrait d'établir les bases solides de recherches historiques nouvelles. Très bel ensemble.

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