1100 €
éd. 1794

DIÈCHE (Antoine-Claude), LE BAS (Philippe-François-Joseph)

Lettre autographe signée d'Antoine-Claude Dièche adressée à Philippe-François-Joseph Le Bas datée du 15 brumaire de l'an II (5 novembre 1793).

S.l., s.e., an II (1794) ; 19,5 x 32,3 cm, 1 feuillet, papier vergé filigrané à en-tête imprimé (petites déchirures et froissements en tête).

Rare lettre de dénonciation signée d'Antoine-Claude Dièche, adressée à Philippe-François-Joseph Le Bas "Citoyen représentant du Peuple à l'armée du Rhin" et contresignée par lui. "Dame Montfort, femme de Montfort émigré, officier cid au 7e Régiment de chasseurs à pied, est actuellement à l'armée Ennemie en face devant nous, loge sur la place d'armes N°27. Je viens d'apprendre dans l'instant que cette femme est fort dangereuse. Ordonnez et j'exécuterai ; sa mère est avec elle, il serait bon d'arrêter la Nichée. Ne serait-ce pas cette fameuse Maison dont il est parlé dans la lettre, puisqu'elle est sur la Place d'Arme ?". Texte apostillé par Le Bas avec la mention lapidaire "arrêtez-les". Antoine-Claude Dièche (Rodez, 1753 - Paris, 1811) fut nommé lors de la Révolution lieutenant-colonel au 28e régiment d’Infanterie en 1792 et général de brigade à Strasbourg le 18 août 1793. Le 24 du même mois il annonça au ministre de la Guerre qu’il y avait à Strasbourg « des gens utiles et suspects qui vont être expulsés ». Nommé général de division le 26 août1793, époque à laquelle la place de Strasbourg fut mise en état de siège, menacée par les armées autrichiennes et prussiennes. Le 12 septembre, il écrivit à nouveau au ministre de la Guerre : « Nous déjouerons les complots et malheurs aux traitres et aux gens suspects. Cette ville infectée d’aristocratie changera bientôt de face, avec du courage, de la prudence et surtout du caractère». Sur ordre du représentant Saint-Just, Dièche fit notamment arrêter Euloge Schneider et le fit attacher à la guillotine. Ce fut lui aussi qui exécuta l’arrêté du 9.7.1794 pris par les représentants Heintz et Gougon à la suite de l’arrachage de l’arbre de la liberté à Hirsingen. Il fit démolir le clocher de l’église, puis le presbytère et mit en arrestation 242 prêtres, 8 pasteurs et 6 rabbins qui furent écroués à Champlitte et à Besançon. Relevé de ses fonctions à Strasbourg, il obtint sa réforme, sur sa demande, avec l’appui de plusieurs représentants du peuple qui attestèrent « que lorsqu’il commanda à Strasbourg, il a donné constamment des preuves à son attachement à la République et que ses services et son patriotisme le rendent recommandable aux amis de la liberté »". Philippe-François-Joseph Le Bas (parfois orthographié Lebas) était membre du Comité de Sûreté générale de septembre 1793 à Thermidor. Il fut nommé, avec Saint-Just, représentant en mission dans le Bas-Rhin en octobre 1793, alors que les Autrichiens avaient envahi la région. Leur arrivée fut le signal d’une active politique de terreur.

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