Paris, Édition Action, 1920 ; grand in-8, 62 pp. + 3 ff.n.ch. de publicités + 1 feuillet volant (bulletin de souscription pour la tombe d'Apollinaire), broché, couverture imprimée.
Sixième numéro de cette excellente revue, parue en décembre et titrée sur la couverture "Almanach 1921". Il est illustré de bois originaux, sous forme de bandeaux, par René Ben Sussan (soulignons ses bois très réussis pour illustrer le Zodiaque poétique placé en tête) et par Hermine David. Contributions de Léonard Pieux, André Salmon, Max Jacob, P.-A. Birot, Paul Éluard, Alfred Jarry, Jules Laforgue, Vlaminck, Péret, etc. Reproductions d'œuvres de Picasso, Laurencin, Modigliani, Survage, Csaky, etc. "La revue Action est fondée en 1920 par Florent Fels et Marcel Sauvage. Elle est conçue au départ comme une revue de sociologie, d’art et de science, mais Marcel Sauvage prend rapidement ses distances et laisse le champ libre à Florent Fels qui en fait presque exclusivement une revue de pensée critique et de création littéraire. Action est aussi le résultat d’une initiative politique puisque Florent Fels et Marcel Sauvage se rencontrent dans le milieu anarchiste-individualiste après la Première Guerre mondiale. Par la suite, les amis de Florent Fels issus des cercles littéraires et artistiques de Montparnasse, tels qu'André Salmon, Max Jacob, ou la baronne Hélène d’Œttingen, collaborent aussi à Action et contribuent à faire de la revue une héritière des Soirées de Paris et de « l’esprit » d'Apollinaire. Elle défend ainsi de nombreux artistes ensuite rattachés à l’Ecole de Paris. Enfin, elle laisse une place, malgré son regard critique, au dadaïsme naissant à travers la participation de Tristan Tzara, Georges Ribemont-Dessaignes ou encore Louis Aragon. La parution d’Action est bouleversée dès sa naissance, puisqu'elle est censurée en raison d’un article provocateur de Georges Gabory [dans le n°1] sur le tueur en série Henri Désiré Landru, ce qui entraîne une parution partielle en février 1920. Si le périodique est annoncé comme un mensuel, il ne paraît en fait que de manière irrégulière, de juillet 1920 à fin 1921. Six numéros sont publiés la première année, les quatre premiers comprenant une édition de luxe, tirée à cinquante exemplaires. En 1921, la revue compte cinq numéros dont un hors-série, et en 1922, un seul numéro, en mars-avril, avant de disparaître définitivement" (INHA). Bon exemplaire, complet du rare feuillet de souscription pour la tombe d'Apollinaire : "Les plus anciens compagnons d'Apollinaire, les témoins de sa vie, ses intimes, ont décidé l'immédiate réalisation du projet formé à la disparition du poète, de lui donner une tombe durable autant que son souvenir. Un comité a té formé, composé de A. Albala, P.-A. Birot, Élémir Bourges, André Billé, J.-J. Brousson, Cremnitz, André Derain, Florent Fels, Serge Ferat, Louis de Gonzague Frick, Gaston Gallimard, Roch Grey, Max Jacob, Léautaud, André Level, Toussaint Lucas, Robert Mortier, Pierre Mac-Orlan, Pablo Picasso, André Rouveyre, Jean Royère, André Salmon, Jean Sève, Soffici, Alfred Valette, Maurice Vlaminck. La maquette du monument est l'œuvre de Picasso. Les peintre mettront à disposition du comité, des toiles ; les écrivains, des exemplaires rares et des manuscrits ; les amis et admirateurs de l'argent". On sait que la tombe de Guillaume Apollinaire fut finalement l’œuvre du peintre Serge Férat, ami intime de l’artiste, et ce malgré les divers projets proposés par Picasso les années précédentes, tous refusés.
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