Strasbourg, S.e. (probablement l’atelier de Wolfgang Köpfel), 1532 ; 42,3 x 32,5 cm, 1 feuillet imprimé en caractères gothiques, orné d’une grande lettrine historiée en tête.
Rarissime ordonnance du Conseil de la ville libre impériale de Strasbourg relative aux Huffierer, c’est-à-dire aux boulangers cuisant le pain pour autrui à partir de la farine apportée par les habitants. Le texte, motivé par des plaintes sur le non-respect d’une ordonnance antérieure, vise à rétablir la confiance du public et à garantir que chacun reçoive son pain « selon le poids dû ». L’ordonnance précise avec minutie les modalités de ce service : obligation pour les boulangers d’accepter la farine remise par les particuliers (tamisée ou non), remise d’un poids réglementaire de pain – quatorze livres de bon pain pour chaque unité de farine – et utilisation de balances et poids étalonnés fournis par la ville. Elle fixe également les jours et horaires de cuisson (au moins trois jours par semaine, uniquement de jour, entre les deux Ave Maria), les conditions d’exercice du métier (engagement annuel des boulangers et encadrement par la corporation), ainsi que les rémunérations autorisées pour la cuisson. Le texte organise en outre un système de contrôle municipal étroit : les Brotschauer (inspecteurs du pain) doivent vérifier régulièrement les poids et la qualité du pain, examiner les plaintes et faire sanctionner les boulangers dont la production serait jugée défectueuse (pain brûlé, mal cuit, altéré ou impropre à la consommation). Les infractions sont punies d’amendes, dont une partie revient à la ville et une autre au dénonciateur. L’ordonnance prévoit encore la lecture publique du règlement à chaque renouvellement du tribunal urbain, afin d’assurer son application continue, tout en réservant au Conseil le droit d’en modifier les dispositions si les circonstances l’exigent. La date figure à la fin du texte : “Actum et decretum Mittwoch nach Lamperti. Anno etc. xxxii.” soit le mercredi suivant la Saint-Lambert (17 septembre), correspondant au 20 septembre 1532. Destinés à être affichés publiquement, les placards municipaux de ce type ont rarement été conservés ; ils constituent aujourd’hui des témoignages précieux de la réglementation des métiers, du contrôle des denrées alimentaires et du fonctionnement des institutions urbaines dans les villes du Saint-Empire au XVIe siècle. Transcription (respect de l’orthographe originale) et traduction française intégrale disponibles sur demande. Quelques rousseurs, pli central mais très bel état de conservation.
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